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  • Vicky Brougiannaki

La crise, compétence et alliée de santé extraordinaires

Mis à jour : 15 oct. 2018



Et si les crises de nos enfants témoignaient d’une extraordinaire compétence? Qu’est-ce que cela changerait à notre façon d’être parents si lorsque notre enfant fait une crise on réussissait à y voir la perfection d’un fonctionnement au service de la survie et de la santé de l’enfant? Cela changerait tout!


Ne nous méprenons pas: la bonne nouvelle n’est pas que votre enfant fait des crises, mais le fait qu’il est capable (et qu’il s’autorise) d’en faire, lorsque quelque chose atteint son intégrité psychique. La crise est en tout point identique à la fièvre: elle est à la fois le signal d’alarme, le témoin d’un problème et un formidable outil d’autoguérison qu’il ne faut pas réprimer. Comme pour la fièvre il convient d’en chercher la cause. Comme la fièvre, la crise appelle présence et douceur. Bien souvent cela est “bénin”: une émotion simple coincée qui utilise la crise pour s’exprimer, pour ne plus être dans l’enfant. D’autres fois le problème est plus important. Dans tous les cas, faire taire les symptômes n’a jamais guéri personne. Et vous ne sauriez pas gronder votre enfant parce qu’il a de la fièvre, n’est-ce pas !)


Qu’est-ce qu’une "émotion simple coincée" ? C’est une contrariété, une tristesse, une colère, une peur, une honte, une frustration ressentie dans la journée, qui n’a pas pu s’exprimer (se décharger) ou être entendue et comprise sur le moment. Alors la bonne santé de l’enfant exige un retour à la normale, à la joie! C’est là que la crise intervient, pour permettre la décharge de l’émotion coincée. N’y voyez rien de mystique, c’est une question de physiologie, d’hormones. C’est donc une compétence de l’enfant et un signe de bon fonctionnement: j’expulse de mon corps ce qui m’empêche d’être en joie.


Lorsque les crises sont nombreuses et importantes, on peut soupçonner un problème de fond. Et là la crise n’est plus un processus d’autoguérison mais un signal d’alarme qui, tant qu’il n’a pas été entendu et compris, continue à retentir. Il attend la réponse adéquate. Il s’agit de chercher les causes, ce qui perturbe l’enfant et y apporter des solutions. Les solutions qui permettront le retour à la joie!


Je vous propose cette métaphore de la fièvre parce que notre capacité à rester calmes et bienveillant.e.s face aux comportements perturbants de nos enfants dépend beaucoup de la compréhension qu’on a de ces comportements, de la lecture qu’on en fait. Je pense alors que si on arrive à comprendre qu’un enfant en crise est en train de prendre en charge son problème, on peut changer notre façon de le vivre en se plaçant en allié plutôt qu’en victime ou en juge. Et pour remettre une couche, on sait aujourd’hui que c’est inutile, voire contre-productif, de faire baisser la fièvre. Avec la crise c’est pareil, c’est de la cause qu’il faut s’occuper, pas du symptôme.


(Je précise que j’assume parfaitement le terme de « crise » que la parentalité bienveillante n’aime pas beaucoup. On préfère parler de « débordement émotionnel ». Le problème avec ça c’est que c’est déjà un diagnostique, alors qu’une crise - terme qui désigne un brusque accès, une forte manifestation d'un sentiment, d'un état d’esprit (Larousse) - peut être l’expression d’autre chose qu’une émotion, comme le stress par exemple. Et à mon sens le problème n’est pas qu’on appelle une crise une crise mais la façon d’y répondre.)


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